cuiller

Y'en a toujours que pour les mêmes... On entend ça, souvent, très souvent, trop souvent. Oui, ils ont fait de belles études et leurs parents les ont bien aidé. L'école, l'appartement, la bouffe, la caisse, et même les extras. C'est sûr on n'a pas tous les mêmes bases même si l'on nous assène que si, l'éducation tout le monde y a accès, riches, pauvres, milieu (ça c'est le moins bien ^^).

Et ceux qui se bougent tout seul on leur donne quoi? Ils attendent quoi?

Réponse : "Rien" (Chabat)

Ceux qui font comme leur père, comme leur mère, qui se démmerdent? Qui ont de vrais systèmes de pensées construits par eux-mêmes et qui se bougent pour avancer, pour pas devenir trop cons?

Tu veux apprendre? Ouvre un livre et parle avec les gens qui t'entourent.

Tu veux une voiture? Trouve un job d'été et roule en Visa le temps d'avoir mieux (la Visa c'est périmé, on peut remplacer par Twingo je pense).

Tu veux maigrir? Arrête de bouffer et va courir.

Tu veux une belle vie? Vis pour toi et pas pour plaire aux autres (ils vont te lâcher de toutes façons).

Ceux-là on leur donne quoi? Rien, et vous savez quoi? Ils savent se contenter de ce qu'ils ont parce qu'ils se sont fait tout seul. Non, je n'ai pas un travail de rêve, loin de là, j'ai les mains dans le pu, dans la merde et dans le vomi. Je ne gagne rien, juste de quoi survivre et encore. J'ai une vie que je qualifierais d'un peu dégueulasse mais qui me plaît malgré tout. Je sens la transpiration le soir et j'ai le goût du sel dans la bouche parce que j'ai compressé, piqué, injecté, supplié Monsieur X pendant deux heures et qu'il est mort dans nos bras. On se sentait bête, tellement bête, on ne s'est pas parlé pendant des heures, on ne se regardait même plus dans les yeux. Yeux trop rouge, rouge de honte, rouge de colère, rouge de fatigue. Puis après l'adrénaline, la dépression. Je lui en veux, je pense à lui, chaque jour, chaque soir. Il s'est transformé en étoile, bonne ou mauvaise, l'avenir me le dira.

Si tu savais à quel point je te plains de ne pas connaître ça, de ne pas connaître la passion qui t'anime au boulot, d'être né le cul bordé de cuillères en argent et des nouilles dans la bouche. Si tu savais comme je suis fière de mon métier dégueulasse. Franchement s'il y avait plus de gens comme nous, la France ne serait pas devenue sous-France...